Définir exactement un concept aussi flou n’est pas une chose facile mais que se cache-t-il derrière cette expression à la mode ? Quels sont les apports concrets de cette « nouvelle version » du web ?

De l’avis des professionnels de l’Internet, le web est doté de nouveaux mécanismes, de nouvelles approches marketing et de nouveaux modèles de développement. Quelles sont les grandes lignes de cette renaissance ?

Une précisions avant de rentrer un peu plus dans le sujet : le Web 2.0 n’est pas un concept entièrement novateur mais résume plutôt l’utilisation commune de techniques et de procédés déjà existants. Ce terme existe depuis 2004 mais même sans avoir de nom, il existait déjà avant cette date . Voici quelques-unes de ses composantes.

L’internaute "contributeur"

Bien que ce mot n'existe pas dans le dictionnaire de la langue française, l'internaute "contributeur" est un des piliers du Web 2.0. Le partage de l’information et du contenu d’un site web sont dynamiques. Avant, l’internaute, souvent passif quant aux sites consultés a maintenant la possibilité d’apporter sa pierre dans la construction d’une plateforme, de lier des liens sociaux simples avec une communauté.

L’exemple le plus simple est l’encyclopédie libre Wikipedia qui comptait au 1er juillet 2006 plus de 320 000 articles dans son édition française et plus de 4 millions d’articles en 229 langues. Chaque lecteur consultant cette encyclopédie peut gratuitement et librement devenir rédacteur d’articles de son choix.

Il s’agit ici de la dimension « sociale » du Web 2.0 qui est en fait l’accentuation des communautés d’internautes. D’ailleurs le concept Wikipedia et les communautés issues du monde des logiciels libres en ont inspirés de nombreux autres projets et ces modèles se retrouvent partout, même dans les projets purement commerciaux.

L’explosion des blogs est également une démonstration des liens sociaux créés sur Internet. Outre le fait de pouvoir exprimer simplement ce que l’on a envie, chaque blog offre la possibilité de laisser des commentaires. Même indirecte, l’internaute a la possibilité d’intervenir ou d’influencer le contenu d’un site Internet.

Les innovations technologiques

Le terme Web 2.0 fait penser à la sortie d’une nouvelle version d’un logiciel informatique reprenant les mêmes fonctionnalités que la version précédente, mais de manières plus efficaces, simples et ergonomiques. Pour ce qui est du web, cette analogie n’est pas dénuée de fondement.

Sans parler de révolution technologique totale, le Web 2.0 est le développement ou l’utilisation massive de web technologies déjà connues comme par exemple, l’utilisation des flux RSS ou des micro-contenus.

C’est également l’intégration de la vidéo, de fichiers sons, d’animation de bien autres procédés renforçant le pouvoir de séduction des sites actuels. Tout cela grâce à l’augmentation des débits moyens de connexions des internautes.

Une autre particularité du Web 2.0 est la volonté de reproduire les fonctionnalités, d’applications couramment utilisées et installées sur un ordinateur, sur des plateformes massivement on-line. Par exemple, Google Labs, la vitrine du centre de développement de Google, propose un traitement de texte (Writerly) et un tableur (Spreadsheets) uniquement disponible par Internet, via un navigateur classique.

Enfin, toujours du point de vue technique, le Web 2.0 c’est l’apparition de standard, de protocoles de communications (REST et SOAP) définis par des interfaces de programmation (API) particulières et des applications web exécutées localement (non sur le serveur mais directement par le navigateur Internet de l’internaute) du type Ajax.

Le partage des compétences

Avec le Web 2.0, on parle maintenant de syndication. Ce terme désigne le partage d’informations ou de données entre plusieurs diffuseurs. Ce partage peut-être gratuit ou payant. On retrouve dans ce partage des technologies comme les flux RSS, Atom ou autres variantes XML.

Cependant, ce partage de flux informatifs n’est pas le seul échange que l’on trouve dans le Web 2.0. Les entreprises n’hésitent plus à partager leurs compétences principales pour agrémenter des plateforme multiservices.

Un exemple français : l’annuaire en ligne PagesJaunes.fr fait appel a Mappy et à l’ IGN, entre autre, pour fournir avec chaque adresse recherchée un plan détaillé, un itinéraire et même une vue aérienne.

Le sentiment de beaucoup envers le Web 2.0 est que ce n’est pas une renaissance mais plutôt une nouvelle approche de l’Internet avec des pratiques et des techniques déjà utilisées. Sans doute le développement plus pointu des web technologies et la création de réseaux sociaux à travers le monde sont les effets les plus visibles de ce nouveau palier du web.